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 Témoignages de lesbiennes radicales

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Koneko
Invité



MessageSujet: Témoignages de lesbiennes radicales   Ven 23 Avr - 14:15

Bonjour les filles!

journaliste dans le magazine Têtu, j'écris un article sur ce qu'on appelle les lesbiennes "radicales".

Il s'agit d'une étude sur l'histoire de ce mouvement,sa définition, sur son actualité et ses enjeux politiques. Je cherche à interroger l'une d'elle à ce sujet lors d'un entretien de moins d'une heure...lors d'un rendez-vous à Paris ou par téléphone si vous préférez.

N'hésitez pas à me contacter!!


06 09 88 38 02
aagnees@yahoo.fr
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MessageSujet: L'interview d'une lesbienne radicale   Jeu 3 Juin - 16:11

Koneko,

Tout d'abord, même si je ne pense pas vouloir m'appeler une lesbienne radicale (mais plus volontiers une lesbienne féministe et une lesbienne séparatiste), je pense pouvoir te dire sans trop me tromper qu'il n'existe pas un seul type de lesbienne radicale.

Les propos que je tiens plus bas n'engagent que moi et mon analyse.

Alors vouloir en interviewer une seule serait faire passer une image biaisée pour tes lectrices/lecteurs.

Le lesbianisme radical en France est revendiqué d'après ce que je sais en premier lieu par des élites intellectuelles ne faisant pas trop dans le mouvement de masse féministe lesbien, si je puis l'exprimer ainsi, et qui se disent héritières de toutes les écrivaines et théoriciennes qu'on a pu taxer de lesbiennes radicales, qui se disent héritières d'hommes aussi (de féministes radicaux) avec pour certaines une origine dans la séparation du MLF (appelées ironiquement les PsyetPo) de groupuscules dits de Jussieu ou des Gouines Rouges au début des années 1970 ou de création au sein des universités. Monique Wittig faisait partie des Gouines Rouges avant d'émigrer aux USA. Faibles en nombre, une demie-douzaine, plutôt intellectuelles, revendiquant le lesbianisme politique, autrement dit que le lesbianisme est une sorte d'évidence politique dans le féminisme même si disons on n'est pas attirée sexuellement par les femmes.

Les lesbiennes féministes militant en non-mixte, uniquement dans le féminisme politique par choix, et très révolutionnaires, n'avaient rien à envier aux radicales à la belle époque (les 80), elles étaient 100 fois plus nombreuses, mais elles ont été décimées par la montée du chômage (ça embête toujours plus une lesbienne seule qu'une lesbienne universitaire ayant une chaire quelque part ou membre d'un parti, d'un syndicat), par la disponibilité soudaine des amantes en dehors des cercles militants et dans toute la France, surtout qu'elles étaient jeunes (droits acquis, visibilité, petites annonces de Lesbia Magazine), et surtout par la disparition de nos lieux (le lieu gratuit ou autofinancé pour se réunir, accueillir, faire des fêtes, est stratégique !) et surtout la main-mise sur nos lieux par des lesbiennes radicales qui n'entendaient plus les ouvrir gratuitement, ni les autofinançer par des fêtes, ni recruter, etc, etc...

Depuis 10 ans les lesbiennes radicales ont gonflé leurs effectifs notamment du coté de Toulouse (Bagdam) où sont venues se retirer des lesbiennes considérées comme radicales et amies de Wittig (citons Michèle Causse).
Et une lesbienne canadienne, écrivaine de romans policiers lesbiens sans grand succès et ancienne rédactrice de la revue AHLA, Danielle Charest, est aussi venue gonfler les effectifs.

Avec la création de la Barbare sur la région parisienne, qui est issue des milieux anar-squat, mais moins élite intellectuelle, et plus ouverte aux groupes de discussions et aux actions, mais toujours sous l'étiquette radicale, il y a eu pas mal de lesbiennes qui ont pu passer par là et se revendiquer ainsi.

Ensuite le terme est revendiqué à partir de la fin des années 90 (en France), donc depuis 10 ans également, par les queers (qui existaient aux USA dès le milieu des années 80), mais le mouvement queer est un mouvement intellectuel, universitaire et d'inspiration française au départ (écrits de Michel Foucault) qui a essaimé aux USA et dans le monde et nous est revenu dans la gueule comme un boomerang.

Bien qu'universitaire et très théoricien, ce mouvement connait un succès et s'implante, car il est bourré de pognon et il surfe sur le retour de bâton, sur la disparition du féminisme si tu veux, il est mixte, pro-masculinité, il occupe la place laissée vide avec ses théories à la mord-moi-le noeud troublantes sur le genre, et légèrement séduisantes intellectuellement, qui se targuent d'être féministes, ou quand vraiment on ne pourrait employer ce terme sans paraître ridicule, qui se targue d'être post-féministe. C'est là que les théories matérialistes ont également le vent en poupe, avant on aurait dit c'est quoi ça, là cela devient incontournable.
Les queers promeuvent les fêtes - et ils sont souvent très liés au milieu anar, l'usage de la testostérone, des modifications chirurgicales corporelles et le transgenrisme, la performance drag king, la théatralisation du viol, la multiplication des pénis, le sexe, les partouzes, le godemiché, le SM, le porno queer... Représentantes en France, Beatriz Preciado, Judith Butler...

Les queers sont un danger absolu mais les intellectuelles lesbiennes radicales font amie-amie avec elles (eux?)
car au fond, ce sont les héritiers de leurs théories et on ne se bouffe pas tant entre gens du même milieu.

A noter que Wittig n'a jamais rien dit publiquement contre les queers (même si Michèle Causse soutient le contraire en privé, et que cette mouvance queer l'aurait rendue malade) et aurait lu les thèses de Bourcier en 2002 en la félicitant tout comme elle a participé à une conférence commune à Paris en 2002.

Et enfin nous avons des lesbiennes qui se sont laissées séduire par le terme lesbienne radicale et qui ne sont ni partie de l'élite intellectuelle (plutôt inactive et qui a découragé les lesbiennes de bonne intention de continuer des groupes de discussion révolutionnaires et responsables d'un mouvement de masse lesbien et féministe, de la réforme des lois, de la création de journaux, de la visibilité, comme les groupes des années 80, 1981 étant le début, fin des 80 l'agonie) ni amie des queers.

Aux USA, c'était plutôt les lesbiennes séparatistes qui reprenaient autant les théories des lesbiennes radicales inscrites dans les livres que le féminisme de base, et elles militaient en non-mixité et même se séparaient carrément de la société en créant les leurs, des communautés fortes, des entraides, des festivals (voir Festival de Musique de Femmes du Michigan).

Ce mouvement et surtout leurs acquis comme les centres de crises contre le viol ont été ébranlés par les queers, qui ont fait fermer des centres parce qu'on y acceptait pas de transgenres, ils les ont ciblés systématiquement, mais aux USA et dans le monde le problème queer est plus complexe qu'en France, puisque se définissent d'emblée comme queer des lesbiennes butch, qui contrairement à la situation en France (où butch est un terme et une identité totalement inventés, digne de l'astrologie de bas étage), ont vécu plus facilement dans des rôles copies du modèle homme-femme pour les couples, car dans une Amérique plus conservatrice, et ce pendant pas mal d'années. Donc cette théorie toute prête sur les butch leur rappelle leur histoire, mais bon y'a pas eu que cela, les Américaines ayant été bien plus émancipées et actives que les Françaises dans les années 70, 80..
Dans le monde, avec l'influence des queers, les lesbiennes se rallient naïvement à cette appellation si c'est la seule qui vient jusqu'à elles et qui organise des évênements.

Actuellement aux USA, il y a un réveil de la conscience féministe, et de la réaction à l'abrutissement de la société tout comme une réaction contre les queers, et de jeunes lesbiennes se définissent maintenant comme lesbiennes radicales en dehors des queers, elles sont un peu plus intellectuelles et universitaires mais pas seulement, elles commencent à fédérer grâce aux blogs et actuellement se dire lesbienne radicale aux USA serait plus vu comme être de gauche, pauvre et révolutionnaire dans son féminisme, que queer ou partie d'une certaine élite.

Mais le réveil se fait aussi en France au niveau d'un lesbianisme féministe de masse.
Peu d'individues suffisent à donner l'impulsion, internet n'aide pas car il dilue l'information, mais un lieu, des idées pour nous rassembler et ce sera reparti !

Et je crois que mondialement, les gouvernants auront de plus en plus de mal à maintenir des systèmes aberrants pour les droits de l'être humain, femmes comprises, y compris économiques et raciaux et que la mondialisation a au moins apporté la conscience qu'on veut toutes / tous être égaux, du même monde, sans frontières et sans manipulations ni exploitations.

A noter qu'il y a autant de formes de séparatisme que de radicalisme, que peu de choses les séparent parfois. Par exemple en Italie les lesbiennes militant simplement en non-mixité et dans une optique féministe se disent séparatistes.
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